dimanche 7 juin 2015

Vous reprendrez bien un peu de mélancolie?

Parmi les choses à classer dans la sérendipité, cette incursion toujours bienvenue du hasard dans notre quotidien, il y a eu ce matin trois découvertes en une :

 - l'émission Remède à la mélancolie sur France Inter
- la comédienne et circassienne Vimala Pons
- le mouvement Fluxus

La mélancolie, c'est un état que je connais bien, dans lequel j'erre souvent et peut-être encore plus lorsque je suis "loin de chez moi". Etat négatif, état positif , je ne sais plus trop, la frontière entre les deux est assez floue et j'aime ça, en fait.


Comme les invités de l'émission, comme Vimala Pons ce matin - dont la voix était si simple et belle, dont les citations et les sujets abordés si justes que j'en suis presque tombée amoureuse - je dresse moi aussi ma liste, non exhaustive, de remèdes à la mélancolie :

- Boire un sirop de fraise en terrasse, avec des lunettes de soleil roses
- Lire des poèmes de Neruda à voix haute et très vite
- Faire du vélo au soleil ou le soir
- Ecouter une chanson gaie, comme celle de Drunk Mexican
-Faire des gâteaux au chocolat, à la banane, au citron
- Danser, n'importe comment, n'importe où

La liste de ce qui rend mélancolique serait bien bien plus longue et pour ne pas anéantir les effets  de cette journée si ensoleillée, je m'en tiendrai là.

Vilama Pons disait ce matin que "tout est suspect, sauf le corps" et je ne sais pas pourquoi mais je sens que cette phrase va avoir un certain retentissement chez moi.

Je vous laisse écouter tout cela et peut-être, dresser vous aussi votre liste de "remèdes à la mélancolie" ici

et pour continuer, comme hier soir, à danser :



vendredi 15 mai 2015

Pendant ce temps là

Il est dix heures, plus de soleil dehors, rien à glisser à travers les persiennes, si ce n'est des yeux de chat.
 
Et que voient-ils lorsque passent les mots longs et gris qui s'enroulent sous les fenêtres, que voient-ils?
Il y a des poèmes entiers qui se déroulent la nuit sous nos balcons, de manière lente et régulière
comme on déroulerait un papyrus, comme on boirait un thé brûlant, comme on caresserait un chat.
 
Il y a des poèmes entiers qui se promènent derrière nos portes closes.
 
Mais heureusement bientôt l'été est là, heureusement les portes s'entrebâillent, heureusement il y a les yeux des chats.
 
J'ai toujours su qu'ils savaient lire.
 
 
 

dimanche 3 mai 2015

This is auch New York (après tout, c'est le printemps)

 
Le temps avance avec ses petits pas, petits pieds, petites mains qui se resserrent chaque jour autour de nos cous.
Ces derniers temps, j'ai pensé au ventre. A son rôle dans la vie. a ces moments où l'on oppose le coeur à la raison mais où l'on ne se demande jamais ce qu'en pense le ventre.
Tout part de lui pourtant.
Des premiers papillons aux frémissements du coeur, des pulsations s'intensifiant au tic tac de l'horloge, tout s'y ressent. Tout s'y joue.
                           Je t'aime de tout mon ventre
Voilà le genre de déclarations qu'il nous faudrait faire.
 
Ces derniers temps j'ai aussi beaucoup pensé aux déclarations d'amour. Aux formes qu'elles prennent, aux pourquoi, aux comment.
A la pudeur qui empêche parfois de les faire. Au medium qui gêne parfois leur perception.
Alors j'envoie des carte, des mots, des gribouillis, des chansons, alors je parle de tout et de rien et les deux ont en fait la même importance, et je ne sais pas si le message a bien atteint son destinataire.
 
J'attends vos lettres d'amour, écrivais-je en août. Vous attendez peut-être aussi les miennes.
Je crois que ce lieu où est aussi, est avant tout, le lieu de mes déclarations d'amour, à vous, à vos yeux bienveillants, à ceux qui sont là et à ceux qui ne le sont plus, une déclaration générale mais particulière, pour chacun de vous. Ici, je m'efforce d'en laisser les traces.
 
 
 
 

vendredi 10 avril 2015

Il y a tant de chemins à emprunter


Sortir de chez soi, claquer la porte, deux tours de clés, trois étages à descendre, la rue à suivre jusqu'au bout, le métro à prendre, voir les stations défiler, descendre avant d'oublier, remonter d'autres escaliers, attendre le train sur le bon quai et puis s'asseoir.

8 heures plus tard, 8 heures de paysages à toute allure, 8 heures pendant lesquelles les langues ont changé, les voyageurs aussi, au bout du bout il y a un visage connu et il y a un nouveau chemin.

Monter les escaliers, traverser la rue, suivre les bâtiments, monter dans la voiture, traverser le pont, poser son regard sur le fleuve et sur les bourgeons des arbres, descendre, monter encore, boire un thé.

La suite n'est pas bien différente : tram, métro, pieds, rencontres, hasards, routes qui se croisent, regards perdus, thés, bière et vodka, de la musique, des rires, de l'anglais, du français, du polonais, du brouillon, du bruit, du soleil qui arrive enfin, le magnolia qui s'ouvre par devant la fenêtre.
 
Et puis de nouveau le départ, la porte à fermer, la route à suivre, le bus à trouver, un autre visage ami à l'arrivée et encore et toujours la délicieuse sensation de partir en voyage, de trouver ces nouveaux chemins à emprunter.


 
Ournewnewmemories
Hambourg-Paris
 
 


samedi 21 mars 2015

The sky is yellow and grey and I'm feeling blue

Peut-être le changement de saisons comme on dit, les humeurs du printemps qui ne sait pas vraiment s'il arrive ou repart, nos humeurs à nous et les rires et les pleurs, les giboulées sur mes joues, le soleil sur mes lèvres, je ne sais plus à quoi je joue, je ne sais plus de quoi je rêve, tout est un entre deux, rien n'est figue ou raisin et écouter en boucle mes chansons tristes préférées, de Nick Cave aux Demoiselles de Rochefort, trainer sur internet pour d'autres chansons mélancoliques, et puis soudain tout oublier dehors le soir autour d'un verre et se dire que le temps est doux, et se dire que tout va bien après tout et espérer après les nuages, on ne sait jamais s'ils cachent la lumière ou la pluie.