il était un peu différent des autres, en ce sens où les mots dans sa bouche semblaient toujours prendre une direction inattendue de ses interlocuteurs et de lui même. Sa gentillesse et sa douceur transparaissaient malgré tout dans ce mélange un peu obscur, un peu fou aussi, où la raison se perdait et les sens se mettaient aux aguets.
ils s'étaient rencontrés par une de ces nuits tranquilles où l'on parcourt les rues une à une, en marchant lentement parce que plus rien ne presse, la nuit est déjà bien pleine, le matin encore loin et enivré encore de la soirée passée on ne cherche dans cette déambulation qu'à prolonger un calme bientôt évanoui.
Il y avait ce croisement près du ruisseau où un marchand ambulant s'était installé et où tous deux s'étaient arrêté, parmi quelques rares autres oiseaux de nuit, pour prendre un jus de canne à sucre avant de repartir. Gobelet à la main, elle et lui s'étaient retrouvés sur le bord de la même route et les regards échangés à ce moment là disaient déjà bien plus que tous les mots prononcés plus tard, que ceux prononcés par elle, en tous cas. Sourire et pailles aux lèvres ils errèrent donc encore un moment avant d'échanger leurs numéros et de promettre de se revoir, bientôt.
La suite a des accents banals, comme souvent lorsque deux êtres se retrouvent et que le temps semble se dire ah voilà mais qu'ai-je fait jusque là?.
Une nuit, une autre de ces tranquilles nuits à flâner dans les rues de la ville, occupation qui était devenue leur favorite, il lui avait dit cette phrase, trace si fugace et tangible de sa déclaration, de ce soleil dans leur ventre à tous les deux qui ne faiblissait pas : Quand je te vois, mes mains et mes plantes s'effroidissent.
et elle avait su que rien désormais ne serait plus beau que ces mots là.
écrire, murmurer , montrer, dire tout haut et penser tout bas, apprendre à faire des cocottes en papier, lancer des défis, tuer le temps , parler de Hambourg, de Phnom Penh et de tout le reste, se souvenir de choses et garder des traces d'autres.
dimanche 27 mars 2016
dimanche 20 mars 2016
de la lumière
. Dans ce nouvel appartement il y a une horloge fixée au mur et le décompte du temps qui vient et va n'en est que plus facile. 6 mois . 6 à venir, 6 déjà partis et dans la lumière de ces rues nouvelles à parcourir, déjà les murmures d'un "nous allons te manquer, tu verras" .
La lumière, celle que l'on peut voir depuis le balcon du ciel qui se couche bien plus tôt que nous et se lève de même.
La lumière, celle que l'on peut voir depuis le balcon du ciel qui se couche bien plus tôt que nous et se lève de même.
samedi 5 mars 2016
Ici et là
Tout le monde part en voyage
au bout du monde
Moi seule garde allumée
la lumière du phare
Tout le monde rêve
de paradis perdus
Moi seule arrose les plantes
qui les bordent
Jour 1 on s'ouvre à de nouveaux lointains. Quelque part entre nous et les nuages il y a de l'espace grand comme un coeur qui palpite et qui aspire à lui tous les imprévus.
Jour 2 il suffit de mettre un peu de rouge à lèvres et c'est parti, remonter sur le manège avant qu'il n'y ait plus de place.
Jour 3 tout est fermé parce que c'est le nouvel an chinois ah tu ne savais pas?
Il disait qu'il est devenu écrivain parce que se tenir dans le monde et dire "je" était précisemment impossible. Isabelle Monnin
C'est peut-être cela la pudeur, un petit espace qui éloigne et rapproche. Tahar Ben Jelloun
dimanche 14 février 2016
Phnom Penh style
Phnom Penh chaud
Phnom Penh froid
Phnom Penh bruit et cris
Phnom Penh à vélo qui transporte mille ballons
Phnom Penh nounours et roses St Valentin
Phnom Penh moto à 3, à 4, à 5
Phnom Penh mariage dans la rue devant chez moi
Phnom Penh monsieur qui danse tout seul sur le bord de la route
Phnom Penh english theater
Phnom Penh sourires et curieuses questions
Phnom Penh rats tout plats
Phnom Penh fight club pour chats
Phnom Penh français jusque dans la piscine
Phnom Penh uniformes bleus de l'université
Phnom Penh bai cha
Phnom Penh tuktuk
Phnom Penh vénéré Hun Sen
Phnom Penh ananas sohm manoa muy
Phnom Penh riverside qui brille
Phnom Penh centre commercial et palais royal
Phnom Penh tatouages
Phnom Penh 60's music
Phnom Penh qui n'en finit pas pas
Phnom Penh rouge
Phnom Penh gecko
Phnom Penh oui mais non
Phnom Penh salsifi
Phnom Penh ça suffit parfois
Phnom Penh vient dîner ce soir
Phnom Penh ne veut pas aller au dodo
Phnom Penh plouf dans la rivière!
Phnom Penh ce n'est vraiment pas grave
Phnom Penh ah bon
Phnom Penh et si
Phnom Penh oulala
Phnom Penh merci aurevoir
Phnom Penh Phnom Penh Phnom Penh
Phnom Penh est-elle dada?
Phnom Penh froid
Phnom Penh bruit et cris
Phnom Penh à vélo qui transporte mille ballons
Phnom Penh nounours et roses St Valentin
Phnom Penh moto à 3, à 4, à 5
Phnom Penh mariage dans la rue devant chez moi
Phnom Penh monsieur qui danse tout seul sur le bord de la route
Phnom Penh english theater
Phnom Penh sourires et curieuses questions
Phnom Penh rats tout plats
Phnom Penh fight club pour chats
Phnom Penh français jusque dans la piscine
Phnom Penh uniformes bleus de l'université
Phnom Penh bai cha
Phnom Penh tuktuk
Phnom Penh vénéré Hun Sen
Phnom Penh ananas sohm manoa muy
Phnom Penh riverside qui brille
Phnom Penh centre commercial et palais royal
Phnom Penh tatouages
Phnom Penh 60's music
Phnom Penh qui n'en finit pas pas
Phnom Penh rouge
Phnom Penh gecko
Phnom Penh oui mais non
Phnom Penh salsifi
Phnom Penh ça suffit parfois
Phnom Penh vient dîner ce soir
Phnom Penh ne veut pas aller au dodo
Phnom Penh plouf dans la rivière!
Phnom Penh ce n'est vraiment pas grave
Phnom Penh ah bon
Phnom Penh et si
Phnom Penh oulala
Phnom Penh merci aurevoir
Phnom Penh Phnom Penh Phnom Penh
Phnom Penh est-elle dada?
dimanche 24 janvier 2016
samedi 16 janvier 2016
Le merveilleux de la mer
J'avais oublié le merveilleux de la mer, voici comment ce récit doit commencer voilà aussi comment il doit finir; sur cette phrase et cette impression là la porte du voyage sera close. Le reste, avant-après, sera de l'ordre de l'indicible. Tout n'est pas bon à raconter.
Voici Kep donc, la belle, la petite, la tendre.
Kep où m'attendaient les délices du surgissement des souvenirs de l'enfance.
On a beau en faire du chemin, à la fin les joies qui restent sont toujours celles des débuts.
Ainsi donc Kep et ses collines flamboyantes de vert tombant sur la mer bleue , tout comme je les aime, comme à Sylvabelle, comme au Racou, comme sur les cailloux de Corse. Comme quand j'étais enfant.
Mais cela je ne l'ai pas perçu tout de suite, j'ai d'abord vu les tuktuk et le bois et les plantes et les "até awkun", les fruits et le fond de la piscine, la langueur particulière du Cambodge; et puis au détour d'une route, alors que je ne m'y attendais pas, elle a surgit.
La mer, dans un simple clapotis continu de vagues, dans son simple mouvement perpétuel qui ici avait le même son, les même embruns que là-bas. Là-bas, le pays de quand j'étais petite, le pays où tout pour moi avait la douceur d'un gros nuage de coton. On prend un virage et voilà.
Ce n'est pas la vue le sens le plus fort, ce n'est pas lui qui nous ramène vers ces pays que nous avons quittés. Ce sont bien l'ouïe et l'odorat, ô combien magiques, ô combien précieux.
A Kep l'eau approche sans doute les 27 ou 28 °C , on dit qu'elle est presque trop chaude, on le dit mais au fond on ne le pense pas. Elle est simplement parfaite et nous y resterions des heures si nous n'y prenions pas garde.
A Kep on ne sait plus trop où l'on est, ville qui ne vit que pour les crabes , que l'on déguste accompagnés de poivre de Kmapot - Kampot autre paradis de douceurs cambodgiennes- s'en mettant plein les doigts, la bouche, les papilles et le ventre. Et ce dernier est heureux.
Avant Kep, j'avais oublié...
mardi 15 décembre 2015
Push the sky away
En vrac :
quelques chats, quelques blattes et quelques rats, un mariage que l'on a survolé, effleuré et sans doute, manqué, des chants de noël en anglais pour se rappeler qu'ailleurs c'est l'hiver et le froid et le sapin que nous n'aurons pas dans notre salon cette année; la fin de la session de cours qui approche à grands pas et les étudiants qui vont nous manquer, c'est sûr, c'est comme ça et la chaleur qui ne diminue pas c'est bizarre vous saviez vous qu'on pouvait transpirer du genou? Quelque part dans un bar de cette rue qui ne ressemble tellement pas à Phnom Penh, un Elvis d'on ne sait où et son public minuscule, un autre bar, des français qui parlent trop fort, comme toujours, un resto indien dont l'indien fait la gueule, un resto japonais à ne plus pouvoir rien avaler de plus, un tour de bateau, le vélo toujours là, le temps qui prend son temps, voilà, on a dépassé 3 mois.
Pour me forcer à écrire, mettre Nick Cave et avec ça c'est sûr que la mélancolie ne partira pas mais la page blanche ça suffit, il faut se pousser parfois.
Je guette la phrase qui fera mouche, qui fera joli, qui fera "oh" sur les bouches.
"You grow old and you grow cold" et bientôt c'est mon tour et je ne sais pas si ça refroidit ou si ça réchauffe à l'intérieur, difficile à savoir sous 30 degrés, difficile à savoir
"Ne me secouez pas, je suis plein de larmes" cette phrase d'Henri Calet trouvée tout à l'heure en incipit du roman d'un autre auteur, alors que justement je venais de refermer un livre d'Henri Calvet, alors que justement trois jours auparavant je découvrais Henri Calet, quand déjà ai-je parlé de sérendipité?
Ne nous étonnons pas que ce soit cette phrase là qui m'ait sauté aux paupières, quand Noël approche, quand décembre est là et quand dans ma tête tourne en boucle la compagnie créole ("y'a pas de sapin sur la montagne - on a décoré les manguiers- y'a pas d'fumée dans les cheminées" etc)
Voilà, se forcer à réécrire et rouvrir les yeux sur les petits miracles du quotidien. Ils ne sont pas tous roses ni jolis mais ils sont importants.
Voilà, se forcer à réécrire et à écrire n'importe quoi, il y a aura bien du bon dans le tas.
Ne pas chercher la logique, ne pas chercher le beau, frôler l'écriture automatique, raconter du quotidien et donner des couleurs sans en dévoiler vraiment les finesses, mais si on sait lire entre les liens on en apprendra bien plus que dans un banal mail de nouvelles, garni de "au travail ça va mais c'est fatigant" et d'anecdotes sur la nourriture et les weekends.
;.
Pendant ce temps sur youtube Nick est descendu sur Jubilee Street et j'irais bien le rejoindre.
Phnom Penh - 22h15
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