écrire, murmurer , montrer, dire tout haut et penser tout bas, apprendre à faire des cocottes en papier, lancer des défis, tuer le temps , parler de Hambourg, de Phnom Penh et de tout le reste, se souvenir de choses et garder des traces d'autres.
mercredi 16 septembre 2020
lundi 8 juillet 2019
Le grand 8
C'est exactement comme on l'imagine.
Après une pénible montée, la descente spectaculaire. On ne
s'attendait pas à ça. On a le souffle coupé. Des larmes et de
l'effroi dans les yeux. On est ballotté de gauche à droite, secoué,
perturbé. On se demande ce qu'on fait là, si cela va s'arrêter. On
perd pied, on perd sens, on perd tout. On a perdu.
Puis ça se calme. Le train ralentit
son allure, la balade s'apaise, devient plus plaisante, on ne pense
presque plus à la grande descente. On se surprend même à apprécier
la route, à rire, à retrouver les couleurs que nos joues avaient
perdues. Pour un peu, on discuterait avec le voisin, pour voir s'il
apprécie l'expérience. Peut-être que l'on a des goûts en commun.
Peut-être qu'on pourrait continuer le voyage ensemble. On continue.
Parfois il y a des virages inattendus
et de petits loopings. C'est inconfortable au début puis on s'y
fait, on ne les sent quasiment pas. Certains cependant sont un plus
rudes. On en souffre plus longtemps. On ne sait pas pourquoi, ils
avaient la même tête que les autres. On ne sait pas pourquoi.
On ne sait pas comment non plus mais on
retombe toujours à l'endroit, c'est ça la magie, on retombe
toujours à l'endroit. Est-ce parce qu'au départ tu m'avais bien
attachée ?
J'ai toujours eu peur des attractions,
depuis petite et me suis tenue à distance des montagnes russes. J'en
ai toujours l'intention.
Mais je crois que la vie, elle, depuis
que tu n'y es plus, ne descendra jamais du Grand Huit.
mardi 22 août 2017
Petite nostalgie khmère
Celle de la pluie sur les tuk tuk et des "tuktuk lady!" hélés aux coins des rues, de la saveur du jus de coco frais dans la chaleur écrasante, de la beauté d'Angkor au soleil couchant et de toutes ces paroles poèmes , chants à propos Angkor qui n'ont pas encore été dits, écrits, entendus mais que les pierres contiennent.
Nostalgie des repas pris à la va-vite en face de l'IFC et des sourires des étudiants au retour de la classe, de l'unique fraîcheur du jardin, des flots tranquilles du Tonlé Sap.
Souvenirs émus et forts des rives de Kampot, du poivre croustillant sur le crabe de Kep, de la quiétude particulière de Kampot encore en cette soirée d'orage, fin de mousson et début de festival littéraire.
Rires aux détours des chemins, ciels immenses depuis un building, silhouettes croisées dans les escaliers, dans un bar, mains qui se sont tendues, refermées, puis éloignées, regards qui ne s’oublieront pas.
Je croyais en te quittant, Phnom Penh, que ta nostalgie serait plus diffuse mais plus présente. Il m'aura fallu un an pour te regretter vraiment, un an pour refaire du Cambodge une destination des possibles, une des destinations du manque.
Avec le temps dit-on, les mauvais souvenirs s'effacent et seuls les plus jolis restent. Je trouve que c'est très bien.
crédits : @Lolliparkart, via Nowhere studio, Phnom Penh
jeudi 20 juillet 2017
20/07/2017 17h
Marseille, juillet, il pleut
Et j'ai le coeur encore
Entre deux eaux.
Bal et balades de Méditerranée à Atlantique
Langues liées l'une à l'autre qui se délient
Mythes grecs en bataille contre prairies indiennes.
Il y a ce que je suis dans ce que je dis, dans les sons et les lettres, les apostrophes et les circonflexions.
Il est dit qui je suis dans le vent soufflant du sud et dans les embruns qu'avec lui il ramène.
A force d'être celle qui reste, je questionne les racines. Observation de près des pousses possibles, incarnations fragiles de ce qui était là. Le haut vs le bas.
Il pleut en juillet, moment parfait pour phrases et cheveux courts.
Et j'ai le coeur encore
Entre deux eaux.
Bal et balades de Méditerranée à Atlantique
Langues liées l'une à l'autre qui se délient
Mythes grecs en bataille contre prairies indiennes.
Il y a ce que je suis dans ce que je dis, dans les sons et les lettres, les apostrophes et les circonflexions.
Il est dit qui je suis dans le vent soufflant du sud et dans les embruns qu'avec lui il ramène.
A force d'être celle qui reste, je questionne les racines. Observation de près des pousses possibles, incarnations fragiles de ce qui était là. Le haut vs le bas.
Il pleut en juillet, moment parfait pour phrases et cheveux courts.
samedi 8 juillet 2017
Le compte
La route est toujours longue, et le
chemin toujours sinueux, pourtant un peu moins sombre et moins aride,
je crois.
Dans mes rêves la nuit il y a encore
des batailles et des coups portés au cœur, 4 ans c'est à la fois
si long et si peu, dans 20 ans sans doutes ce sera encore trop neuf.
Sur ces pages du lieuou je commence à
collectionner les 8 juillets et en fait cela me rassure, me donne une
trace tangible d'un état, sinon d'une assurance que moi à ce
moment-là je suis bel et bien là, que moi ce jour là c'est à toi
que je pense. Il me reste cette peur idiote qu'avec le temps va tout
s'en aille, de même pour ton souvenir . Aussi je m'efforce
studieusement à écrire là comme un rituel tous les ans, en
espérant que les mots jouent leur rôle, que les lettres tracent
pour moi le chemin qui reste à suivre.
Après le 8 juillet il a fallu se dire
et maintenant quoi, et chaque année de nouveau se remettre sur les
rails, nouveau souffle à reprendre, nouvelle croix sur le
calendrier.
Quoi qu'il en soit, je n'oublie rien.
vendredi 23 juin 2017
l'état des corps
Dure observation des corps, embrassades et frictions, caresses vs coups. A quel moment le peau contre peau devient-il de trop?
De quelle dose de proximité minimale avons-nous besoin pour vivre? tenir? durer?
La canicule c'est le meilleur moment sans doute pour mener cette observation-là. Corps tendus, corps montrés, corps mous sous le soleil brûlant, corps qui se pressent un peu moins vite et s'exposent plus facilement.
Passage en revue du corps- de ce qui le traverse.
Voix - voix qui l'habite, qui l'abîme peut-être. Voix bloquée et corps de même, nerfs à vifs et en colère, tête qui brûle, pique, tire.
Coeur qui bat et pupilles qui scintillent , coeur qui ralentit, ventre qui ne sait plus.
Paupières humides souvent, inondées parfois.
Bouche qui se meut, qui parle, chante, rit , bouche qui se ferme dans des espaces qu'on ne lui accorde pas, que le cerveau ne lui laisse pas prendre.
Souffle à l'intérieur qui rappelle si l'on va bien ou mal.
Interrogations jusqu'au bout des orteils.
Doigts: 10
Oreilles : 2
Cheveux blancs: -1. Faux messager de chute.
Utérus : on ne sait pas, il faut attendre les résultats.
Jambes : tiennent le coup malgré les étages et la chaleur.
Bilan : bien vivante.
dimanche 14 mai 2017
Summer is coming
Laisse
là les traces d'autres que ma route a croisés ;
et l'empreinte tout au fond
des larmes-lames.
Devant
il y a le jaune et le bleu des vagues.
Devant il y a -
tout ce dont nous avons besoin.
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