mercredi 31 décembre 2014

Bribes d'ici - Mer - Résolutions


Début -  Passer des portes ouvertes pour nous auparavant.
Ici tout a à la fois goût de miel et d'acide, de ciguë et de bonbon. Et dans les rues aux couleurs d'hiver doré, où la lumière caresse comme ta main mes épaules et mes cheveux, des fantômes guettent chaque recoin L'oeil éteint mais le pied vif. [...]

Milieu -  Entre deux nuages, deux coups de soleil, opposer sans cesse le nord au sud, là bas à ici, ici à demain et sans s'en apercevoir on a déjà fini de lire toutes les pages. [...] Je crois et j'avance sur la route rocheuse et grise parce qu'il y a le caillou blanc, parce qu'il y a la fleur sur le côté, parce qu'on aperçoit la lumière au bout.

Fin?  - A force de raconter, d'expliquer, de dire que ouitoutvabien, je ne sais plus où est le vrai, je ne sais plus ce qui est de l'effort social et ce qui est vraiment là au fond, je ne tiens plus en place, je trépigne déjà, je ne vois plus les couleurs aussi nettes, où est la porte? entrée ou sortie? En décrivant aux autres le quotidien là bas, il s'enrobe d'une douceur nouvelle qui le rend attrayant, et tant mieux sans doutes, car il n'est plus très loin.


Demain il faudra prendre des résolutions, celle sans doute de ne pas en prendre, on ne les tient jamais de toutes façons, s'efforcer de croire que les choses vont changer mais c'est toujours la même route alors pourquoi la segmenter?




dimanche 7 décembre 2014

C'est beau une ville la nuit


Ici, c’est différent.
Les choses sont plus sombres et par là même, les lumières plus vives.
En général il n’y en a pas sur les trottoirs, et ce sont les lueurs d’intérieurs soignés et soigneux qui servent de guide aux flâneurs nocturnes.
Nous sommes proches de Noël, les fenêtres se sont toutes parées de leurs plus belles flammes et toutes ces petites tâches dorées dans le noir des rues rendent l’atmosphère plus joyeuse.
Ici on attend quelque chose, le soir emmitouflés dans des plaids , une tasse de vin chaud ou de thé sur les genoux.
On attend le soir au creux de chez soi, entre traces vives de cette journée à présent terminée et pensées déjà tournées vers la suivante, on attend les lendemains qui chantent et ceux qui ne font que murmurer, tout en hiver ici semble d’ailleurs chuchoter aux oreilles des hommes, une fois la nuit tombée.
Il faut se mettre au chaud.
 
"C'est beau une ville la nuit" et peut-être encore plus lorsque celle-ci commence à 16h...
 

 

dimanche 30 novembre 2014

et pourquoi pas Lübeck









Lübeck, marché de Noël, magasin de Marzipan...
ça y est Noël est partout, ça y est il fait moins de 0°, ça y est on commence à manger, manger, manger... et boire du vin chaud, bien entendu.
Marchés de Noël divers et variés sont à mon programme pour les 15 prochains jours.

Autre sujet, il y a bientôt 5 ans, Marion et moi tentions de comparer nos quotidiens parisien et berlinois en vignettes. C'était ici. To be continued.



mardi 18 novembre 2014

Aujourd'hui c'est parfois si simple de :

-Trouver des traces de son passage partout, les compter en faisant le ménage, c'est bête en même temps que la poussière j'envoie à la poubelle des morceaux éparts de sa présence, je préférerais les garder, je préférerais mais.
-Relier un rêve et une question dans la vie réelle "quelle est la date de la révolution française?" posée sur des lèvres qui n'en savent rien et ne veulent sans doute rien en savoir. Cette nuit le sens de la question ne semblait pas plus clair.
- Poser trois quatre phrases sur mon écran qui brille trop, me remémorer deux trois instants de la journée, refermer la tablette, prendre le chemin du métro, m'enfuir vers de futurs souvenirs, à raconter plus tard.

Dans mes rêves cette nuit il y avait aussi cette magnifique phrase d'un poète, mais qui, mais quoi?


Pour s'entraîner / ici

lundi 27 octobre 2014

Clichés

Il y a cette tendance lorsque je suis à l'étranger à exacerber les traits si "français" de ma personnalité et à en tirer une certaine fierté. Oui je traverse la rue alors que le piéton est rouge, oui je cuisine tous les jours, oui je parle fort dans les lieux publics, oui je fais la bise aux inconnus. Face à cela, la lutte quotidienne pour ne pas enfermer dans des boîtes les citoyens allemands croisés tous les jours.- Les allemands sont comme ci, comme ça. C'est tellement allemand ! Ils ne peuvent pas s'en empêcher-
Je me rappelle à chaque fois la phrase fétiche d'une de mes profs de sociolinguistique, au sujet de l'interculturel et des stéréotypes : "le stéréotype c'est quand on dit "tous les x sont des y".
Et de notre perplexité à se demander si tous les y étaient pour le coup des x.

Ici soufflent toujours le chaud et le froid. Entre l'italien typique qui ne peut terminer sa journée sans pasta e caffè et l'Anglais qui parle de son peuple à la 3e personne du pluriel "Ils mangent mal!", faut- il continuer à jour le rôle de la petite française et si oui, quels en sont finalement les traits? Une fois dépassés la baguette, le croissant, la Tour Eiffel et les escargots - comme aiment à me le rappeler les enfants - que me reste-il de si français à défendre?

Pourquoi je me sens française? Est-ce que je me sens française?
Je me sens je crois avant tout habitée par ma langue, par celle qui a bercée mes jeux, l'école, mes premières fois.
Au bout d'un long moment à l'étranger, lorsqu'on ne rêve plus que dans cette ou ces autres langues, comment se sent-on? Devient-on "plus" ?

Est-il obligatoire de choisir entre le déni et la passion?
Faut-il absolument coller aux représentations de notre nationalité ou chercher au contraire à les nier en bloc? Ne peut-on pas simplement laisser transparaître tout ce que cela implique de plus complexe, d'être "français", "anglais" ou "mexicain" ?

Il y a de nombreuses choses que j'aime ici dans la manière de vivre et de nombreuses autres qui ne plaisent pas. Je retrouve dans d'autres pays des gestes, des sons qui me font me sentir comme "chez moi".
Je me sens française parce que mon enfance l'est, mes racines le sont, mêlées à d'autres influences peu certaines mais bien présentes et c'est avec ce fond là que je veux avancer, saisir le meilleur de partout pour construire ce qui me sied à moi, ce qui plaira aussi, je l'espère, aux autres.
Je ne crois pas qu'ici ou là-bas soit meilleur que n'importe où. Le bon et le beau sont partout. Il suffit de les faire ressurgir.



 
 
Pour rire un peu avec les clichés, ici et
La prochaine fois, il faudra que je parle de gâteaux.

mardi 21 octobre 2014

Automne


On marche sous la pluie et on prend goût à ces signes légers de l'arrivée proche maintenant du froid et du gris mais pas tout à fait encore - feuilles qui rougissent, tasses qui fument, lumières aux fenêtres qui ramènent la joie dans le creux du soir.
Dans les magasins c'est déjà Noël mais dans nos têtes pas encore on voudrait profiter de ces heures-ci qui semblent douces et les passer à préparer des baumes pour nos coeurs et nos corps.
Le ciel ne sait pas trop lui non plus sur quel nuage danser et où poser ses pas, entre rayons et gouttes, entre grondements et chants.
Bientôt il choisira pourtant et la route qui sera suivie , noire, rude mais peut être blanche aussi, rouge et dorée mais cela sera pour une autre fois, d'autres mots et d'autres images.
Pour le moment c'est encore l'automne et il faut guetter l'orange et le vert tendre, capturer les couleurs dans des bocaux à merveilles, laisser l'air se refroidir dehors et se réchauffer dedans, à l'intérieur en profiter pour  écouter au calme notre souffle qui s'apaise.